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Structure des allergènes protéiques

vendredi 21 novembre 2008, par Allerdata

Les allergènes protéiques ont-ils une structure caractéristique ?

Malgré les multiples études entreprises pour tenter de trouver une caractéristique qui différencierait un allergène d’une protéine banale, il n’a pu être montré jusqu’à présent pourquoi certaines protéines sont des allergènes, ni pourquoi certaines portions des protéines allergéniques sont des épitopes.

On observe bien que certains allergènes partagent une même fonction biochimique, une activité enzymatique par exemple, mais ni cela, ni la stabilité ou non des protéines, ni leur glycosylation ou non (cf. Les CCD) ne permettent de définir une caractéristique fiable pour pouvoir assurer qu’une protéine est un allergène (cf. Prédiction de l’allergénicité).

Malgré tout, la structure des protéines et la nature des épitopes est importante à connaître pour mieux comprendre les allergènes, leurs homologies et leurs réactivités croisées .

Protéines et peptides

Les protéines sont formées d’un assemblage linéaire d’acides aminés. Elles se distinguent en cela des polysaccharides qui peuvent former des macromolécules ramifiées.

Il est convenu de nommer « protéines » les polypeptides d’au moins 100 acides aminés et « peptides » ceux qui sont plus courts.

Cette notion tend à s’effacer s’agissant des allergènes protéiques car la limite basse permettant encore une réactivité avec les cellules cibles est de l’ordre de 35 acides aminés. Par exemple l’un des principaux allergènes du latex d’hévéa, l’hévéine Hev b 6.02, n’a que 43 acides aminés.

Cette limite basse correspond à une nécessité : présenter au moins 2 épitopes B, c’est-à-dire 2 épitopes IgE-réactifs. Ceux-ci étant constitués d’une dizaine d’acides aminés, des contraintes stériques (= volume dans l’espace) empêchent probablement la liaison de 2 IgE adjacentes à la surface d’une cellule cible avec un polypeptide de seulement une vingtaine d’acides aminés.

Il faut souligner que, très généralement, les protéines acquièrent sitôt leur synthèse une conformation globulaire indispensable à leur stabilité aussi bien qu’à leur fonction biochimique. Ce repliement sur soi du polypeptide aboutit à placer certaines portions de la protéine en position d’être des épitopes B s’ils sont situés en surface de la molécule, tandis que d’autres portions seront, le plus souvent, inaccessibles à une liaison avec les IgE.

On voit qu’une partie des acides aminés dans une protéine native a un rôle indispensable, à savoir la formation et le maintien d’une structure donnée dans l’espace, mais ne participe pas directement aux épitopes B de cette protéine.

Il faut donc un minimum de ces acides aminés « accessoires » pour compléter la présence d’au moins 2 épitopes sur une même molécule. Ce qui explique la limite basse d’environ 35 acides aminés au total pour un allergène.

Caractéristiques des protéines : leurs masses

Il est habituel de décrire les allergènes avec une autre mesure que le nombre de leurs acides aminés. On utilise une notion de masse. Celle-ci dérive en partie du nombre des acides aminés, chacun d’eux « pesant » environ 110 g/mole.

L’unité de masse des protéines est le kilo-Dalton, abrégé en kDa (ou kD), et 1 kDa est quasiment égal à 1 kg/mole. Par exemple, un peptide de 10 acides aminés aura une masse d’environ 10x110/1000 = 1,1 kDa.

Les allergènes ont des masses allant de 3,5-4 kDa à plus de 150 kDa.

La masse d’un allergène n’est pas la somme exacte de ses acides aminés car des modifications sont souvent apportées au polypeptide sitôt sa synthèse par le système ribosomique.

Ces transformations « post-traductionnelles » comprennent notamment une glycosylation, c’est-à-dire la fixation de glucides plus ou moins complexes à des endroits précis du polypeptide (cf. Les CCD). On obtient une protéine glycosylée, une glycoprotéine.

L’adjonction de ces chaînes glucidiques alourdit la protéine. Cela est visible, par exemple, quand on compare un allergène glycosylé à l’état naturel et son équivalent sous forme d’un recombinant issu d’E. coli : la bactérie ne pouvant glycosyler la protéine, cette dernière sera quelques kDa plus légère que la protéine naturelle.

Mais on connaît aussi des allergènes qui, à l’état naturel, se présentent sous 2 formes, l’une glycosylée et l’autre non glycosylée. C’est le cas, par exemple, pour l’allergène principal du pollen d’olivier, Ole e 1, qui a une masse de 20 kDa quand il est glycosylé et de 18,5 kDa quand il ne l’est pas .

S’agissant de la masse, enfin, il faut bien faire la distinction entre la masse réelle et la masse apparente, celle que l’on observe avec les techniques de séparation électrophorétique comme le « SDS-PAGE ».

Il est fréquent de trouver dans les résultats publiés la notion de « bande » IgE-réactive à x kDa ; ou, dans les tests de réactivité croisée, l’effacement de la bande de y kDa qui était présente avant addition de l’inhibiteur (cf. Réactivité croisée : méthodes). Ces masses observées en SDS-PAGE n’ont qu’une valeur indicative et ne peuvent servir à tout coup pour reconnaître tel ou tel allergène.

La masse apparente dépend des conditions opératoires, au premier rang desquelles le pré-traitement ou non de l’extrait (ou de l’allergène) par un agent réducteur. La migration des protéines est bouleversée si ce qui représentait une seule molécule se transforme en 2 ou 3 morceaux après traitement par un agent réducteur, à savoir si la protéine d’origine était un assemblage de sous-unités liées par des ponts disulfure (ponts « SS »).

Il arrive aussi que 2 allergènes se retrouvent superposés au même endroit (= avec la même masse apparente), et que l’on interprète improprement les IgE-réactivités correspondantes. Cela a été le cas pour 2 allergènes du latex d’hévéa, Hev b 7 et Hev b 13 qui, tous les deux, migraient à 42-44 kDa (cf. les allergènes du latex).

C’est pourquoi les méthodes de séparation « bidirectionnelles » sont de plus en plus utilisées.

Elles allient une séparation électrophorétique de type SDS-PAGE à une séparation dans une autre direction et basée sur le principe de l’électro-focalisation . Cette dernière sépare les macromolécules en fonction de leur point isoélectrique (leur « pI »), c’est-à-dire l’endroit dans une gamme de pH où la macromolécule montre autant d’ions + que d’ions -.

La figure ci-dessous, reproduite avec l’aimable autorisation de Pascal Poncet , donne un exemple de la séparation bidimensionnelle des protéines du pollen de frêne (Fraxinus excelsior). Les spots de couleur brune correspondent à une révélation de l’ensemble des protéines par une coloration à l’argent. Les ronds bleus correspondent aux protéines IgE-réactives révélées si par le sérum d’un patient. Cette révélation constitue une " immuno-empreinte ". On parle couramment d’ " immunoblot " ou tout simplement de " blot ".

Caractéristiques des protéines : leurs séquences

La caractéristique la plus utilisée pour décrire ou comparer les protéines est la séquence polypeptidique, c’est-à-dire quels sont les acides aminés qui composent le polypeptide en commençant par l’acide aminé N-terminal (celui qui, au bout, est lié par sa fonction acide à l’acide aminé suivant).

L’écriture de cette séquence utilise des lettres pour désigner les acides aminés. Dans le cas d’Hev b 6.02, l’hévéine du latex d’hévéa, on a la symbolisation suivante pour la séquence polypeptidique, avec numérotation à partir de l’acide aminé N-terminal :

La séquence en acides aminés définit la structure primaire de la protéine. C’est la signature de la protéine.

Les isoformes d’un même allergène se caractérisent par des acides aminés différents ici ou là sur la séquence, celle-ci étant globalement similaire. On parle de « conservation » des acides aminés pour ceux qui sont identiques au même emplacement sur la chaîne polypeptidique.


On se sert de la séquence des acides aminés pour comparer les allergènes entre eux ou pour comparer un allergène connu à une protéine dont l’allergénicité est pour l’instant ignorée. On opère un « alignement de séquences ». En reprenant l’exemple de l’hévéine du latex, la comparaison de séquences avec la portion N-terminale (dite « domaine hévéine ») de 2 allergènes alimentaires croisant avec l’hévéine est figurée ci-dessous :

Sont représentés ici en rouge les acides aminés qui sont identiques parmi les 3 séquences. En bleu ont été notés les acides aminés qui diffèrent dans les 2 chitinases par rapport à Hev b 6.02. La proportion de ces acides aminés identiques permet de calculer un pourcentage d’identité et ce dernier fait partie des indices pour une éventuelle réactivité croisée entre les 2 protéines concernées.

Dans ces alignements de séquence, il est souvent nécessaire d’introduire des « gaps », ici marqués par une étoile *. Ces trous sont placés non pas pour optimiser le % d’identité mais pour reconstituer au mieux le « motif » d’acides aminés caractéristique de la famille ou du domaine protéique (cf. Allergènes : nomenclature, classification).

On voit dans l’exemple ci-dessus que les acides aminés identiques sont répartis de place en place le long de la chaîne polypeptidique et que beaucoup ont la lettre « C », le symbole pour la cystéine. Ainsi qu’il sera expliqué plus loin, cet acide aminé joue un grand rôle dans l’obtention et le maintien de la forme sous laquelle la protéine peut jouer son rôle dans l’organisme : le structure tertiaire.

Les autres acides aminés ne sont pas que des figurants : leur nature et leur place est importante tant pour certaines propriétés de la protéine (ils peuvent être essentiels au niveau du site actif dans le cas d’une enzyme), que pour le niveau immédiatement supérieur de la conformation d’une protéine, la structure secondaire.

Les différents niveaux de structure

On distingue 4 niveaux de structure pour les protéines.

La structure primaire est, on l’a vu, l’ordonnancement des acides aminés, la séquence polypeptidique.

La structure secondaire correspond au résultat local de la présence d’acides aminés capables de créer entre eux des interactions. Ce sont des liaisons faibles, qui sont perdues notamment si la température s’élève et retrouvées (pas toujours) au cours du refroidissement.

La cuisson d’un aliment, par exemple, peut aboutir à une altération de la structure secondaire avec, pour certains allergènes, diminution de l’IgE-réactivité.

La structure secondaire consiste en des contractions de la chaîne polypeptidique sous des formes hélicoïdales ou en feuillets. La vue ci-après donne un exemple de ces configurations :

Toutes les protéines ne se contractent pas ainsi. Certaines adoptent une conformation imprécise et se présentent sous la forme d’une chaîne allongée et déformable.

C’est le cas, par exemple, pour des gluténines dans le grain de blé ou pour des caséines dans le lait. Cette conformation lâche facilite la constitution de réseaux macromoléculaires du fait de l’exposition de nombreux acides aminés capables de former des liaisons d’une molécule à une autre.

Elle est par ailleurs moins sujette à l’altération des épitopes par suite du chauffage de la protéine.

On connaît aussi des protéines mixtes ayant une partie de leur molécule avec une structure secondaire précise et une autre qui n’en a pas. Par exemple Art v 1, l’allergène principal du pollen d’armoise (Artemisia vulgaris), présente un long domaine C-terminal associé à un domaine N-terminal replié, globulaire.

La contraction des protéines leur procure une économie thermodynamique, c’est-à-dire une meilleure stabilité. Elle ne s’arrête pas aux hélices et aux feuillets comme il est visible dans la vue présentée plus haut : une part importante des propriétés des protéines est acquise par un second niveau de contraction, le repliement de la molécule sur elle-même (le « folding »).

La protéine représentée ci-dessous est Bet v 1 du pollen de bouleau (référence 1BV1 dans PDB ) :

Ce repliement donne une forme plus ou moins globulaire à la protéine et celle-ci acquiert ainsi sa structure tertiaire.

La présence de cystéines est essentielle pour générer cette structure compacte car ces acides aminés s’associent 2 à 2 pour former des ponts disulfures, ou « ponts SS », qui résistent très bien à l’agression thermique.

Plus une protéine possède de cystéines pour une même longueur de polypeptide et plus elle est apte à constituer des ponts SS qui favorisent sa stabilité.

Le schéma suivant montre un exemple de petites protéines riches en ponts SS (une LTP et une 2S albumine), d’une protéine dénuée de pont SS (une PR-10 ou Bet v 1-like) et d’une protéine ayant des ponts SS sur une partie seulement de sa chaîne (chitinase classe 1) :

La présence de ces ponts SS va déterminer en grande partie la modification de la conformation de la protéine après chauffage (ex. cuisson) et, du même coup, le maintien ou non d’épitopes B fonctionnels.

Les LTP (ex. Pru p 3 dans la pêche) et les 2S albumines (ex. Ara h 2 dans l’arachide) gardent leur IgE-réactivité après chauffage, les PR-10 (ex. pomme) voient leur IgE-réactivité fortement diminuée et les chitinases également (ex. avocat).

Ces changements peuvent être ralentis quand la protéine est « protégée » par un milieu favorable, souvent des lipides, comme cela a été remarqué pour les PR-10 de soja ou d’arachide .

La protéolyse est, elle aussi, plus facile avec des protéines dénuées de ponts SS. Au cours de la digestion, une protéine PR-10 est rapidement dégradée, tandis que le domaine hévéine des chitinases, riche en ponts SS, va résister plus longtemps .

En schématisant, on a des protéines capables de se limiter à un syndrome oral à l’état cru (ex. Mal d 1, la PR-10 de pomme), des protéines capables de générer des réactions systémiques car partiellement résistantes à la protéolyse mais quand même fragiles au chauffage (ex. la chitinase de banane) et des protéines susceptibles de produire volontiers des réactions systémiques car résistant et au chauffage et à la digestion (ex. Pru p 3, la LTP de pêche).

La structure tertiaire est une composante primordiale de l’allergénicité de beaucoup de protéines : en effet, dans les interactions avec les molécules qui, à la surface des cellules, détectent les protéines et décodent leur nature, la conformation spatiale joue un grand rôle.

C’est très certainement le cas lors du contact avec les cellules présentatrices (par ex. les cellules dendritiques), même si les récepteurs responsables de la reconnaissance d’un allergène potentiel et le rôle adjuvant des glucides et des lipides associés à la protéine sont encore à élucider.

La reconnaissance d’un allergène par les cellules effectrices (mastocytes, basophiles) ou les cellules B est, elle, beaucoup mieux connue : elle s’opère par la liaison d’un épitope de la protéine avec une immunoglobuline fixée sur la membrane cellulaire. L’épitope et la zone correspondante sur l’immunoglobuline, le paratope, peuvent légèrement améliorer leur interaction au cours d’un processus dynamique .

Mais cette malléabilité a des limites et, du côté de l’allergène, la structure tertiaire va gouverner la plus ou moins grande affinité de l’épitope avec l’IgE. C’est bien une « image en 3D » qui constitue ce que le paratope reconnaît.

La structure tertiaire , et notamment celle au niveau des épitopes B, est un élément clé pour comprendre les réactivités ou non-réactivités croisées entre allergènes (cf. Epitopes : structure et homologies).

Il faut souligner, par ailleurs, que l’adjonction de chaînes glucidiques au polypeptide sitôt sa synthèse ribosomale participe également à la stabilité de la structure tertiaire de la protéine. Ces chaînes glucidiques peuvent aussi générer des épitopes IgE-réactifs (cf. Les CCD).

Mais l’organisation spatiale des allergènes ne se limite pas à une contraction de la molécule sur elle-même car, pour de nombreux allergènes, la forme native est une association de polypeptides :

  1. certains allergènes sont bien des monomères mais résultent d’un réarrangement au moment de leur synthèse : le polypeptide parent (le « pro-peptide ») est clivé par des protéases en 2 morceaux ou plus, et ces morceaux se couplent 2 à 2 en formant des ponts SS. L’allergène est alors composé de « sous-unités » liées ensemble (ex. la plupart des 2S albumines comme Ara h 2 de l’arachide).

Ce genre d’assemblage complique le repérage des allergènes en immunoblot si ce dernier a été pratiqué après traitement de l’extrait allergénique par un agent réducteur. Ce dernier rompt en effet les ponts SS et on ne retrouvera pas sur la migration la bande à la place où on l’attend, à savoir au niveau de la masse totale de l’allergène : celui migrera en des bandes de masse inférieure, celles des sous-unités de la protéine.

  1. de nombreux allergènes se présentent à l’état naturel sous forme de dimères (2 molécules liées ensemble), de trimères (3 molécules), voire d’hexamères (6) : des profilines, Bet v 1, les tropomyosines, certaines lipocalines (phanères de mammifères), des polcalcines, plusieurs sortes de protéines de stockage des graines (trimères pour vicilines, hexamères pour légumines), etc.. etc.. sont ainsi à l’état naturel sous des formes plus complexes.

Ces assemblages constituent le niveau supérieur de structure pour les allergènes : leur structure quaternaire.

La protéine représentée ci-dessous est Phl p 7, la polcalcine du pollen de fléole (référence 1K9U dans PDB ). C’est un dimère :

On ne connaît pas bien le devenir de ces assemblages au moment du contact avec le patient : sont-ils facilement rompus ? Cela découvre-t-il des épitopes qui ne sont pas visibles (testables) avec la forme native ? Que reste-t-il des dimères, trimères, etc.. dans les extraits ?

La présence de ces polymères dans le produit natif pourrait influencer la réponse observée au cours des prick-tests : on peut imaginer qu’une liaison dégranulante soit plus fréquente avec un dimère qu’avec le monomère de ce même allergène car le dimère permet à la fois des liaisons hétérogènes (= 2 épitopes différents sur la molécule monomérique) et des liaisons homogènes (= 2 épitopes identiques sur chacun des monomères) comme le schématise la figure ci-après :

Si cela est le cas on comprend que les prick-tests avec le produit natif soient fréquemment plus sensibles que les pricks utilisant un extrait aqueux du même produit (que l’extrait soit commercial ou « fait maison », d’ailleurs).

Sachant que la conformation spatiale d’une protéine peut être influencée par la présence ou non de son ligand naturel, on serait en droit d’ajouter à cette différence pour les réponses cutanées le fait que le plus souvent les ligands présents dans le produit natif (ex. lipides, calcium) sont perdus au cours des procédés de fabrication des extraits aqueux. Le travaux de Gabriel Peltre ont montré que des extraits non aqueux comportaient aussi de nombreuses protéines IgE-réactives .

Nos connaissances sur cette dimension de l’IgE-réactivité in vivo mériteraient d’être approfondies.

[1] - Aalberse RC. Structural biology of allergens. J Allergy Clin Immunol 2000;106:228-238
One of the major challenges of molecular allergy is to predict the allergenic potential of a protein, particularly in novel foods. Two aspects have to be distinguished: immunogenicity and cross-reactivity. Immunogenicity reflects the potential of a protein to induce IgE antibodies, whereas cross-reactivity is the reactivity of (usually preexisting) IgE antibodies with the target protein. In addition to these two issues, the relation between IgE-binding potential and clinical symptoms is of interest. This is influenced by physical properties (eg, stability and size) and immunologic properties (affinity and epitope valence). Discussions on immunogenicity and cross-reactivity of allergens rely on the establishment of structural similarities and differences among allergens and between allergens and nonallergens. For comparisons between the 3-dimensional protein folds, the representation as 2-dimensional proximity plots provides a convenient visual aid. Analysis of approximately 40 allergenic proteins (or parts of these proteins), of which the protein folds are either known or can be predicted on the basis of homology, indicates that most of these can be classified into 4 structural families: (1) antiparallel beta-strands: the immunoglobulin-fold family (grass group 2, mite group 2), serine proteases (mite group 3, 6, and 9), and soybean-type trypsin inhibitor (Ole e 1, grass group 11); (2) antiparallel beta-sheets intimately associated with one or more alpha-helices: tree group 1, lipocalin, profilin, aspartate protease (cockroach group 2); (3) (alpha+beta) structures, in which the alpha- and beta-structural elements are not intimately associated: mite group 1, lysozyme/lactalbumin, vespid group 5; and (4) alpha-helical: nonspecific lipid transfer protein, seed 2S protein, insect hemoglobin, fish parvalbumin, pollen calmodulin, mellitin from bee venom, Fel d 1 chain 1, serum albumin. Allergens with parallel beta-strands (in combination with an alpha-helix linking the two strands, a motif commonly found in, for example, nucleotide-binding proteins) seem to be underrepresented. The conclusion is that allergens have no characteristic structural features other than that they need to be able to reach (and stimulate) immune cells and mast cells. Within this constraint, any antigen may be allergenic, particularly if it avoids activation of T(H)2-suppressive mechanisms (CD8 cells and T(H)1 cells). [References: 40]
[2] - Thomas WR, Hales BJ, Smith WA. Structural biology of allergens. Curr Allergy Asthma Rep 2005;5:388-393
Major allergens may have special aerobiological properties and allergenic structures. It would also be instructive to consider the properties of nonallergens and nonallergenic responses. In some cases, nonallergenic responses appear to result from a lack of antigenicity and in others from regulation. Proteolytic activity has been proposed as an adjuvant for allergenicity, but lipid binding is far more common and is found for more than 50% of the major allergens. Such structures can enhance allergenicity via Toll-like receptor (TLR) or CD1 pathways. TLR signaling can enhance both Th1 and Th2 responses and be induced by peptides as well as nonproteinaceous ligands.
[3] - Aalberse RC. Structural features of allergenic molecules. Chem Immunol Allergy 2006;91:134-146
In this paper the relation between protein allergenicity (the capacity to induce IgE antibody production or the capacity to activate mast cells sensitized with IgE antibodies induced by a cross-reactive allergen) and protein structure is discussed. While cross-reactivity is to a large degree predictable from primary sequence comparisons, the IgE-inducing capacity is mostly determined by factors other than the primary sequence. Two routes to IgE are discussed: (1) the atopic route (used by allergens from pollen and mites) in which a direct switch from mu to epsilon is common and (2) the 'modified Th2' route (used by allergens from pets) in which the class switch to IgE is often preceded by a switch to IgG4. According to this working hypothesis, the choice between these two routes is determined at the level of the germinal center activity.
[4] - Breiteneder H, Mills C. Structural bioinformatic approaches to understand cross-reactivity. Mol Nutr Food Res 2006;50:628-632
Cross-reactivity of allergens results from the presence of antibody-accessible conserved surface structures. These can best be studied when allergens have been structurally defined by X-ray crystallography or another structure determination method. When this is not the case, mimotope technology provides a useful alternative for elucidating antibody-binding sites on allergens. Structural bioinformatic approaches have been used to study the cross-reactivity of inhalant allergens with labile food allergens (Bet v 1 family) as well as the cross-reactivity between stable food allergens such as members of the nonspecific lipid transfer protein family. It was found that the degree of similarity of the structures correlated with the observed IgE cross-reactivities. However, IgE cross-reactivity between structurally unrelated allergens has not been demonstrated to date.
[5] - Villalba M, Batanero E, Lopez-Otin C, Sanchez LM, Monsalve RI, Gonzalez de la Pena MA, et al. The amino acid sequence of Ole e1, the major allergen from olive tree (Olea europea) pollen. Eur J Biochem 1993;216:863-869
The complete primary structure of the major allergen from Olea europaea (olive tree) pollen, Ole e I (IUIS nomenclature), has been determined. The amino acid sequence was established by automated Edman degradation of the reduced and alkylated molecule as well as of selected fragments obtained by proteolytic digestions. Ole e I contains a single polypeptide chain of 145 amino acid residues with a calculated molecular mass of 16331 Da. No free sulfhydryl groups have been detected in the native protein. The molecule contains a putative glycosylation site. A high degree of microheterogeneity has been observed, mainly centered in the first 33% of the molecule. Comparison of Ole e I sequence with protein sequence databases showed no similarity with other known allergens. However, it has a 36% and 38% sequence identity with the putative polypeptide structures, deduced, respectively, from nucleotide sequences of genes isolated from tomato anthers and corn pollen, which have been suggested to be involved in the growing of the pollen tube. Therefore, the olive tree allergen may be a constitutive protein of the pollen involved in reproductive functions.
[6] - Arif SAM, Hamilton RG, Yusof F, Chew NP, Loke YH, Nimkar S, et al. Isolation and characterization of the Early Nodule Specific Protein homologue (Hev b 13), an allergenic lipolytic esterase from Hevea brasiliensis latex. J Biol Chem 2004;279:23933-23941
Recurring reports of a highly allergenic 42-46-kDa protein in Hevea brasiliensis latex appeared to have been resolved with the discovery of a 43-kDa allergenic latex protein that was a homologue to patatin. However, the low to moderate prevalence of sensitization to the protein, designated Hev b 7, among latex-allergic patients could not adequately explain the frequent observations of the 42-46-kDa allergen. This led to the hypothesis that another, more allergenic protein of a similar molecular mass existed in Hevea latex. We report the isolation and purification of a 42.98-kDa latex glycoprotein showing homology to the early nodule-specific protein (ENSP) of the legumes Medicago sativa, Medicago truncatula, and Glycine max. The protein is allergenic, being recognized by immunoglobulin E (IgE) in sera from latex-allergic patients. The IgE epitope resides on the carbohydrate moiety of the protein, and the presence of a similar carbohydrate component on potato tuber patatin enables the latter to inhibit IgE binding to the ENSP homologue. The cDNA encoding the ENSP homologue was isolated by reverse transcription-PCR and cloned. The protein predicted from the cDNA sequence has 391 amino acids, the first 26 of which constitute a putative signal peptide. The deduced molecular mass of the mature protein is 40.40 kDa, while its isoelectric point is estimated at 5.0. The discrepancy between the predicted and observed molecular mass might be due to glycosylation, for which three N-sites on the protein are predicted. The purified protein showed lipase and esterase activities and may be involved in plant defense.
[7] - Peltre G, Lapeyre J, David B. Heterogeneity of grass pollen allergens (Dactylis glomerata) recognized by IgE antibodies in human patients sera by a new nitrocellulose immunoprint technique. Immunol Lett 1982;5:127-131
A new nitrocellulose immunoprint technique has been developed to detect specific antigens or/and allergens present among a heterogeneous solution such as a water-soluble crude extract of a grass pollen (Dactylis glomerata). The antigens are separated by isoelectric focusing (IEF) in an agarose gel and characterized by their isoelectric point (pI). These antigens are transferred and immobilized on a nitrocellulose sheet. They are recognized by the binding of specific antibodies contained in an unfractionated serum to be studied. Finally, the binding of these antibodies is visualized by species- or/and class-specific antibodies themselves labeled by an enzyme or by radioactivity. So one can detect the allergens recognized by the specific serum IgE antibodies and also the other antigens recognized by specific IgG, IgA or IgM antibodies.
[10] - Mittag D, Akkerdaas J, Ballmer-Weber BK, Vogel L, Wensing M, Becker WM, et al. Ara h 8, a Bet v 1–homologous allergen from peanut, is a major allergen in patients with combined birch pollen and peanut allergy. J Allergy Clin Immunol 2004;114:1410-1417
Background We recently described patients with soybean allergy mainly mediated by cross-reactivity to birch pollen allergens. A majority of those patients were reported to have peanut allergy. Objective : We sought to study the occurrence of peanut allergy in patients allergic to birch pollen and characterized the Bet v 1ˆhomologous peanut allergen Ara h 8. Method s : Recombinant Ara h 8 was cloned with degenerated primers and expressed in Escherichia coli. Nine Swiss and 11 Dutch patients with peanut and birch pollen allergy and a positive double-blind, placebo-controlled food challenge result to peanut were investigated for IgE reactivity to birch pollen and purified peanut allergens and cross-reactivity between birch and peanut. Ara h 8 stability against digestion and roasting was assessed by means of RAST inhibition. The IgE cross-linking potency of Ara h 8 was tested on the basis of basophil histamine release. Result s : During double-blind, placebo-controlled food challenge, all patients experienced symptoms in the oral cavity, progressing to more severe symptoms in 40% of patients. CAP-FEIA detected recombinant (r) Ara h 8ˆspecific IgE in 85%. IgE binding to Ara h 8 was inhibited by Bet v 1 in peanut extract immunoblotting and in RAST inhibition. In EAST inhibition recombinant rAra h 8 inhibited IgE binding to peanut in 4 of 7 tested patient sera. Antipeanut response was dominated by Ara h 8 in 12 of 17 tested patients. Furthermore, our results demonstrate a low stability of Ara h 8 to roasting and no stability to gastric digestion. Basophil histamine release with rAra h 8 was more than 20% in 5 of 7 tested sera. Conclusions : Peanut allergy might be mediated in a subgroup of our patients by means of cross-reaction of Bet v 1 with the homologous peanut allergen Ara h 8.
[12] - Diaz-Perales A, Blanco C, Sanchez-Monge R, Varela J, Carrillo T, Salcedo G. Analysis of avocado allergen (Prs a 1) IgE-binding peptides generated by simulated gastric fluid digestion. J Allergy Clin Immunol 2003;112:1002-1007
BACKGROUND: Resistance to pepsin digestion has been claimed to be a characteristic of food allergens that can induce severe adverse reactions. Moreover, pepsin treatment is included in protocols to evaluate the potential allergenicity of transgenic foods. Allergenic plant class I chitinases, such as avocado Prs a 1, are the panallergens involved in the latex-fruit syndrome. Previous reports indicated their susceptibility to simulated gastric fluid (SGF) digestion. OBJECTIVE: We sought to evaluate the IgE-binding capacity and the in vivo reactivity of the SGF products of the avocado allergen Prs a 1. METHODS: Patients with a clinical history of latex-fruit allergy syndrome, a positive skin prick test (SPT) response to Prs a 1, and specific IgE to avocado were selected. Untreated and SGF-digested Prs a 1 samples were analyzed by means of IgE and IgG immunoblotting, IgE immunoblotting and ELISA-inhibition assays, and SPTs. Peptides from SGF-digested samples were fractionated by means of HPLC, characterized by N-terminal amino acid sequencing and matrix-assisted laser desorption/ionization analysis, and tested for in vivo reactivity with SPTs. RESULTS: Neither protein staining nor IgE immunoblotting with a pool of sera from allergic patients resulted in the detection of any band after SDS-PAGE separation of an SGF-digested sample of Prs a 1. However, this sample showed a similar inhibitory potency to that of untreated Prs a 1 in both immunoblot- and ELISA-inhibition assays (up to 70% inhibition of the IgE binding to crude avocado extract) and induced positive SPT responses in 5 of 8 allergic patients. Peptides from SGF-digested Prs a 1 were separated by means of HPLC, and 4 of them reached more than 50% inhibition values when using avocado extract as the solid phase in ELISA-inhibition assays. Reactive peptides were located both in the N-terminal hevein-like domain and in the catalytic domain of Prs a 1. Those corresponding to the hevein-like domain (approximately 5100 d) produced positive SPT responses in 5 of 8 allergic patients, whereas 2 peptides located in the catalytic domain (approximately 1400 and 2500 d) were reactive in 2 or 3 of the 8 patients. CONCLUSION: Prs a 1 was extensively degradated when subjected to SGF digestion. However, the resulting peptides, particularly those corresponding to the hevein-like domain, were clearly reactive both in vitro and in vivo.
[13] - Malandain H. Non-peptide components of proteins and allergenicity: should we generalize the hapten concept? EAACI 22th Congress, Paris, 7-11 June, 2003, Poster n°285
Background: Why are some proteins allergens is still an unresolved question. Besides proteolytic and/or pro-inflammatory activities, recent data have shown that major allergens like Bet v 1 or Der p 2 bind lipid ligands. Objective : To check if such biochemical and/or structural features are a frequent finding among proteins known as allergens. Methods: Published literature and protein databases were studied. Airborne allergens were chosen because they directly reach immune system in native form, eg. not affected by digestion. Results: We found a wide array of allergens displaying a lipophilic binding structure, such as a groove or a tunnel : lipid transfer proteins, lipocalins, Bet v 1 family, Bla g 2, mite groups 2, 13, and 14, pollen 2 EF-hand Ca binding proteins, ... Noticeably, most of these allergens were not glycosylated. Conclusion: These observations suggest that protein-bound lipid moieties could play a role in conjunction with the peptide backbone for initiating a Th-2 response. One might hypothesize that surface receptors of surveillance immune cells, like Toll receptors, are programmed to detect non-self proteins as a whole : lipid + peptide, carbohydrate + peptide, and even metal ion + peptide. This hypothesis could also match the hapten concept of a self structure bearing a non-self ligand. Globally, such a mechanism would be similar to innate defense systems adopted by many eukaryotes, like hypersensitive reactions observed in plants in response to elicitins.
[14] - James LC, Tawfik DS. Structure and kinetics of a transient antibody binding intermediate reveal a kinetic discrimination mechanism in antigen recognition. Proc Natl Acad Sci U S A 2005;102:12730-12735
Induced fit is a predominant phenomenon in protein-ligand interactions, yet it is invariably attributed without establishing the existence, let alone the structure, of the initial, low-affinity encounter complex. We determined the crystal structure of the encounter complex on the pathway of ligand binding by IgE antibody SPE7. We show that this complex is formed by a wide range of ligands that initially bind with identical affinity. Nonspecific ligands rapidly dissociate, whereupon the antibody isomerizes to a nonbinding isomer. Specific ligand complexes, however, slowly isomerize to give a high-affinity complex. This isomerization involves backbone and side-chain rearrangements of up to 14 A and the formation of specific hydrogen bonds. The postbinding conformational switch, combined with the prebinding isomerization to an energetically favorable nonbinding isomer, results in a "kinetic discrimination" mechanism that mediates selective binding, by a factor of >10(3), between highly related ligands that initially bind with the same affinity. This model may apply to proteins that bind multiple ligands in a specific manner or other proteins that, although capable of binding many ligands, are activated by only a few.
[15] - Aalberse RC. Structural features of allergenic molecules. Chem Immunol Allergy 2006;91:134-146
In this paper the relation between protein allergenicity (the capacity to induce IgE antibody production or the capacity to activate mast cells sensitized with IgE antibodies induced by a cross-reactive allergen) and protein structure is discussed. While cross-reactivity is to a large degree predictable from primary sequence comparisons, the IgE-inducing capacity is mostly determined by factors other than the primary sequence. Two routes to IgE are discussed: (1) the atopic route (used by allergens from pollen and mites) in which a direct switch from mu to epsilon is common and (2) the 'modified Th2' route (used by allergens from pets) in which the class switch to IgE is often preceded by a switch to IgG4. According to this working hypothesis, the choice between these two routes is determined at the level of the germinal center activity.
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